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- Devenir un fin stratège.

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Parabellum
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Date d'inscription : 10/10/2017
MessageSujet: - Devenir un fin stratège. Dim 15 Oct 2017 - 14:04



 
Article I - Devenir un fin stratège







Le combat est d'une importance vitale pour notre cause. C'est le domaine de la vie et de la mort : la conservation ou la perte d'une organisation en dépendent, il est impérieux de bien le régler. Ne pas faire de sérieuses réflexions sur ce qui le concerne, c'est faire preuve d'une coupable indifférence pour la conservation ou pour la perte de ce qu'on a de plus cher, et c'est ce qu'on ne doit pas trouver parmi nous. 

Cinq choses principales doivent faire l'objet de nos continuelles méditations et de tous nos soins, comme le font ces grands artistes qui, lorsqu'ils entreprennent quelque chef-d'œuvre, ont toujours présent à l'esprit le but qu'ils se proposent, mettent à profit tout ce qu'ils voient, tout ce qu'ils entendent, ne négligent rien pour acquérir de nouvelles connaissances et tous les secours qui peuvent les conduire heureusement à leur fin. Si nous voulons que la gloire et les succès accompagnent nos actes, nous ne devons jamais perdre de vue : le temps, l'espace, le commandement, la discipline

Si nous connaissons bien le temps, nous n'ignorerons pas ces deux grands principes Yin et Yang par lesquels toutes les choses naturelles sont formées et par lesquels les éléments reçoivent leurs différentes modifications; nous saurons le temps de leur union et de leur mutuel concours pour la production du froid, du chaud, de la sérénité ou de l'intempérie de l'air. 

L'espace n'est pas moins digne de notre attention que le temps; étudions le bien, et nous aurons la connaissance du haut et du bas, du loin comme du près, du large et de l'étroit, de ce qui demeure et de ce qui ne fait que passer.

J'entends par commandement, l'équité, l'amour pour ceux en particulier qui nous sont soumis et pour tous les Hommes en général; la science des ressources, le courage et la valeur, la rigueur, telles sont les qualités qui doivent caractériser celui qui est revêtu de la dignité d'homme d'honneur «Knights» ; vertus nécessaires pour l'acquisition desquelles nous ne devons rien négliger : seules elles peuvent nous mettre en état de marcher dignement à la tête des autres.

Aux connaissances dont je viens de parler, il faut ajouter celle de la discipline. Posséder l'art de ranger ses membres; n'ignorer aucune des lois de la subordination et les faire observer à la rigueur; être instruit des devoirs particuliers de chacun de nos subalternes; savoir connaître les différents chemins par où on peut arriver à un même terme; ne pas dédaigner d'entrer dans un détail exact de toutes les choses qui peuvent servir, et se mettre au fait de chacune d'elles en particulier. Tout cela ensemble forme un corps de discipline dont la connaissance pratique ne doit pas échapper à la sagacité ni aux attentions d'un véritable stratège.

Vous donc que le choix du «Knight» placé à la droite des «Aces», jetez les fondements de votre science mafieuse sur les cinq principes que je viens d'établir. La victoire suivra partout vos pas : vous n'éprouverez au contraire que les plus honteuses défaites si, par ignorance ou par présomption, vous venez à les omettre ou à les rejeter.


Les connaissances que je viens d'indiquer vous permettront de discerner, parmi les différents dirigeants à la tête de leur organisation, celui qui a le plus de doctrine et de vertus; vous connaîtrez les grands mafieux qui peuvent se trouver dans différentes organisations, de sorte que vous pourrez conjecturer assez sûrement quel est celui des deux antagonistes qui doit l'emporter; et si vous devez entrer vous-même en lice, vous pourrez raisonnablement vous flatter de devenir victorieux.

Ces mêmes connaissances vous feront prévoir les moments les plus favorables, le temps et l'espace étant conjugués, pour ordonner le mouvement des membres. Vous connaîtrez le fort et le faible, tant de ceux qu'on aura confiés à vos soins que des ennemis que nous aurons à "combattre" dans les règles de l'art de la «Habbo Attitude» et la «Mafia-Attitude». Vous saurez en quelle quantité et dans quelle famille se trouveront peut-être des informations importantes, vous distribuerez les félicitations et les encouragements avec libéralité, avec choix, et vous n'épargnerez pas les châtiments quand il en sera besoin.

Admirateurs de vos vertus et de vos capacités, les «Brotherhood» placés sous votre autorité vous "serviront" autant par plaisir que par devoir. Ils entreront dans toutes vos vues, et leur exemple entraînera infailliblement celui des subalternes, les simples «Clubs» concourront eux-mêmes de toutes leurs forces à vous assurer les plus glorieux succès.

Estimé, respecté, chéri des vôtres, certains mafieux voir des civils viendront avec joie se ranger sous la bannière de «Knights Order» , vivre sous ses lois ou pour obtenir simplement le mérite d'être dans une organisation telle que la notre.

Egalement instruit de ce que vous pourrez et de ce que vous ne pourrez pas, vous ne formerez aucune entreprise qui ne puisse être menée à bonne fin. Vous verrez, avec la même pénétration, ce qui sera loin de vous comme ce qui se passera sous vos yeux, et ce qui se passera sous vos yeux comme ce qui en est le plus éloigné. 

Vous profiterez de la dissension qui surgit chez nos ennemis pour attirer les mécontents dans votre parti en ne leur ménageant ni les promesses, ni les dons, ni les récompenses. Si nos ennemis sont plus puissants et plus forts que nous, nous ne les attaquerons pas directement, vous éviterez avec un grand soin ce qui peut conduire à un engagement général; réfléchir à une stratégie gagnante, parlez peu et agissez en conséquence. Car souvent, les dangers visibles nous causent moins d'effroi que les dangers imaginaires.

Vous ferez en sorte que ceux qui vous sont inférieurs ne puissent jamais pénétrer vos desseins. Vous tiendrez vos membres toujours alertes, toujours actifs et dans l'occupation, pour empêcher qu'ils ne se laissent amollir par un honteux repos. Si vous prêtez quelque intérêt aux avantages de mes plans, faites en sorte de créer des situations qui contribuent à leur accomplissement. J'entends par situation que les «Knights» agissent à bon escient, en harmonie avec ce qui est avantageux, et, par là-même, dispose de la maîtrise de l'équilibre.

Toutes actions doivent être réglée sur le semblant; feignez le désordre, ne manquez jamais d'offrir un appât à l'ennemi pour le leurrer, simulez l'infériorité pour encourager son arrogance, sachez attiser son courroux pour mieux le plonger dans la confusion : sa convoitise le lancera sur vous pour s'y briser. «Pour leurrer le monde, ressemble au monde ; ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache.» - William Shakespeare

Quel regret que de tout risquer en une seule action, en négligeant la stratégie victorieuse, et faire dépendre le sort de vos atouts d'une unique action. Lorsque l'ennemi est uni, divisez-le; et attaquez là où il n'est pas préparé, en surgissant lorsqu'il ne vous attend pas. Telles sont les clefs stratégiques de la victoire, mais prenez garde de ne pas les engager par avance.

Que chacun se représente les évaluations faites avant les hostilités, comme des mesures : elles disent la victoire lorsqu'elles démontrent que votre force
est supérieure à celle de l'ennemi; elles indiquent la défaite lorsqu'elles démontrent qu'il est inférieur en force. Considérez qu'avec de nombreux calculs on peut remporter la victoire, redoutez leur insuffisance. Combien celui qui n'en fait pas a peu de chances de gagner. C'est grâce à cette méthode que j'examine la situation, et l'issue apparaîtra clairement.





Parabellum
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MessageSujet: Re: - Devenir un fin stratège. Dim 15 Oct 2017 - 14:20



 
Article II - Devenir un fin stratège







Anciennement ceux qui étaient expérimentés dans l'art de la stratégie se rendaient invincibles, attendaient que l'ennemi soit vulnérable et ne s'engageaient jamais dans des stratégies qu'ils prévoyaient ne devoir pas finir avec avantage. Avant que de les entreprendre, ils étaient comme sûrs du succès. Si l'occasion d'aller contre l'ennemi n'était pas favorable, ils attendaient des temps plus heureux.


Ils avaient pour principe que l'on ne pouvait être vaincu que par sa propre faute, et qu'on n'était jamais victorieux que par la faute des ennemis. Se rendre invincible dépend de soi, rendre à coup sûr l'ennemi vulnérable dépend de lui-même. Etre instruit des moyens qui assurent la victoire n'est pas encore la remporter. S'ils se croyaient plus forts, ils ne craignaient pas d'aller sur le terrain et d'attaquer les premiers avec une stratégie gagnante. S'ils voyaient au contraire qu'ils fussent plus faibles, ils se "retranchaient" et se tenaient sur la défensive.


L'invincibilité se trouve dans la défense, la possibilité de victoire dans l'attaque. Celui qui se défend montre que sa force est inadéquate, celui qui attaque qu'elle est abondante. L'art de se tenir à propos sur la défensive ne le cède pas à celui de "combattre" avec succès. Sa propre conservation est le but principal qu'on doit se proposer dans ces deux cas. Savoir l'art de vaincre comme ceux qui ont fourni cette même carrière mafieuse avec honneur, c'est précisément où vous devez tendre; vouloir l'emporter sur tous, et chercher à raffiner dans les choses stratégiques, c'est risquer de ne pas égaler les grands mafieux, c'est s'exposer même à rester infiniment au-dessous d'eux, car c'est ici où ce qui est au-dessus du bon n'est pas bon lui-même.


Les habiles mafieux ne trouvent pas plus de difficultés dans les "combats"; ils font en sorte de remporter la "bataille" après avoir créé les conditions appropriées. Ils ont tout prévu; ils ont paré de leur part à toutes les éventualités. Ils savent la situation des ennemis, ils connaissent leurs forces, et n'ignorent pas ce qu'ils peuvent faire et jusqu'où ils peuvent aller; la victoire est une suite naturelle de leur savoir.

Aussi les victoires remportées par un maître dans l'art du monde mafieux dans toutes ses facettes ne lui rapportaient ni la réputation de sage, ni le mérite d'homme de valeur. Qu'une victoire soit obtenue avant que la situation ne se soit cristallisée, voilà ce que le commun ne comprend pas. C'est pourquoi l'auteur de l'exploit n'est pas revêtu de quelque réputation de sagacité. Si vous soumettez nos ennemis sans livrer "combat", ne vous estimez pas homme de valeur. 


Tels étaient les mafieux de l'ancienne génération : rien ne leur était plus aisé que de vaincre; aussi ne croyaient-ils pas que les vains titres de vaillants, de héros, d'invincibles fussent un tribut d'éloges qu'ils eussent mérité. Ils n'attribuaient leur succès qu'au soin extrême qu'ils avaient eu d'éviter jusqu'à la plus petite faute. Eviter jusqu'à la plus petite faute veut dire que, quoi qu'il fasse, il s'assure la victoire; il conquiert un ennemi qui a déjà subi la défaite; dans les plans jamais un déplacement inutile, dans la stratégie jamais un pas de fait en vain. Le dirigeant habile prend une position telle qu'il ne peut subir une défaite; il ne manque aucune circonstance propre à lui garantir la maîtrise de son ennemi.

Une organisation victorieuse remporte l'avantage, avant d'avoir cherché la bataille; une organisation vouée à la défaite "combat" dans l'espoir de gagner. 
Ceux qui sont zélés dans l'art de la stratégie cultivent la voie et préservent les régulations; ils sont donc capables de formuler des politiques de victoire.


Ils ne veulent pas dans les membres une confiance trop aveugle, une confiance qui dégénère en présomption. Les membres qui demandent la victoire sont des membres amollies par la paresse, ou timides, ou présomptueux. Des membres au contraire qui, sans penser à la victoire, demandent le combat, sont des membres endurcies au travail, des membres vraiment aguerries, des membres toujours sûrs de vaincre.


C'est ainsi que d'un ton assuré ils osaient prévoir les triomphes ou les défaites, avant même que d'avoir fait un pas pour s'assurer des uns ou pour se préserver des autres. Maintenant, voici les cinq éléments de l'art du monde mafieux :


I. La mesure de l'espace : Les mesures de l'espace sont dérivées du terrain.
II. L'estimation des quantités : Les quantités dérivent de la mesure.
III. Les règles de calcul : Les chiffres émanent des quantités.
IV. Les comparaisons : Les comparaisons découlent des chiffres.
V. Les chances de victoire : Et la victoire est le fruit des comparaisons.


C'est par la disposition des forces qu'un dirigeant victorieux est capable de mener son organisation au "combat", telles les eaux contenues qui, soudain relâchées, plongent dans un abîme sans fond. 

Vous donc, qui êtes à la tête de l'organisation, n'oubliez rien pour vous rendre digne de l'emploi que vous exercez. Jetez les yeux sur les mesures qui contiennent les quantités, et sur celles qui déterminent les dimensions : rappelez-vous les règles de calcul; considérez les effets de la balance; la victoire n'est que le fruit d'une supputation exacte.


Les considérations sur les différentes mesures vous conduiront à la connaissance de ce qu'une personne peut offrir d'utile pour nous; vous n'ignorerez pas les différents chemins qu'il faudra tenir pour arriver sûrement au terme que vous serez a proposer.


Par le calcul, estimez si l'ennemi peut être attaqué, et c'est seulement après cela que l'organisation doit être mobilisée et les membres levés; apprenez à féliciter, ne jamais en donner dans les excès du trop ou du trop peu.


Enfin, si vous rappelez dans votre esprit les victoires qui ont été remportées en différents temps, et toutes les circonstances qui les ont accompagnées, vous n'ignorerez pas les différents usages qu'on en aura faits, et vous saurez quels sont les avantages qu'elles auront procurés, ou quels sont les préjudices qu'elles auront portés aux vainqueurs eux-mêmes. 


Après un premier avantage, n'allez pas vous reposer sur vos lauriers ou vouloir donner à vos membres un repos hors de saison. Poussez votre pointe avec la même rapidité qu'un torrent qui se précipiterait de mille toises de haut. Que votre ennemi n'ait pas le temps de se reconnaître, et ne pensez à recueillir les fruits de votre victoire que lorsque sa défaite entière vous aura mis en état de le faire sûrement, avec loisir et tranquillité.



Parabellum
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MessageSujet: Re: - Devenir un fin stratège. Dim 15 Oct 2017 - 14:33



 
Article III - Devenir un fin stratège







Généralement, le commandement du grand nombre est le même que pour le petit nombre, ce n'est qu'une question d'organisation. Contrôler le grand et le petit nombre n'est qu'une seule et même chose, ce n'est qu'une question de formation et de transmission d'informations. Ayez les noms de tous les membres tant supérieurs que subalternes; inscrivez-les dans un catalogue à part, avec la note des talents et de la capacité de chacun d'eux, afin de pouvoir les employer avec avantage lorsque l'occasion en sera venue. Faites en sorte que tous ceux que vous devez commander soient persuadés que votre principale attention est de les préserver de tout dommage.

Les membres que vous ferez avancer contre l'ennemi doivent être comme des pierres que vous lanceriez contre des œufs. De vous à l'ennemi, il ne doit y avoir d'autre différence que celle du fort au faible, du vide au plein. La certitude de subir l'attaque de l'ennemi sans subir une défaite est fonction de la combinaison entre l'utilisation directe et indirecte des forces. (Directe : fixer et distraire. Indirecte : rompre là où le coup n'est pas anticipé). 

Attaquez à "découvert", mais soyez vainqueur en secret. Voilà en peu de mots en quoi consiste l'habileté et toute la perfection même de la gestion des membres. Le grand jour et les "ténèbres", l'apparent et le secret; voilà tout l'art. Ceux qui le possèdent sont comparables au "Ciel et à la Terre", dont les mouvements ne sont jamais sans effet : ils ressemblent aux fleuves et aux mers dont les eaux ne sauraient tarir. Fussent-ils plongés dans les "ténèbres" de la mort, ils peuvent revenir à la vie; comme le soleil et la lune, ils ont le temps où il faut se montrer, et celui où il faut disparaître; comme les quatre saisons, ils ont les variétés qui leur conviennent; comme les cinq tons de la musique, comme les cinq couleurs, comme les cinq goûts, ils peuvent aller
à l'infini. Car qui a jamais entendu tous les airs qui peuvent résulter de la différente combinaison des tons ? Qui a jamais vu tout ce que peuvent présenter les couleurs différemment nuancées ? Qui a jamais savouré tout ce que les goûts différemment tempérés peuvent offrir d'agréable ou de piquant ? On n'assigne cependant que cinq couleurs et cinq sortes de goût.

Dans l'art de la stratégie, et dans la bonne gestion des membres, il n'y a certes que deux sortes de forces; leurs combinaisons étant sans limites, personne ne peut toutes les comprendre. Ces forces sont mutuellement productives et agissent entre elles. Ce serait dans la pratique une chaîne d'opérations dont on ne saurait voir le bout, tels ces anneaux multiples et entremêlés qu'il faut assembler pour former un annulaire, c'est comme une roue en mouvement qui n'a ni commencement ni fin.

Dans l'art de la stratégie, chaque opération particulière a des parties qui demandent le grand jour, et des parties qui veulent les "ténèbres" du secret. Vouloir les assigner, cela ne se peut; les circonstances peuvent seules les faire connaître et les déterminer. On oppose les plus grands quartiers de rochers à des eaux rapides dont on veut resserrer le lit : on n'emploie que des filets faibles et déliés pour prendre les petits oiseaux. Cependant, le fleuve rompt quelquefois ses digues après les avoir minés peu à peu, et les oiseaux viennent à bout de briser les chaînes qui les retiennent, à force de se débattre.

C'est par son élan que l'eau des torrents se heurte contre les rochers; c'est sur la mesure de la distance que se règle le faucon pour briser le corps de sa proie. Ceux-là possèdent véritablement l'art de bien diriger les membres, qui ont su et qui savent rendre leur puissance formidable, qui ont acquis une autorité et une expérience sans borne, qui ne se laissent abattre par aucun événement, quelque fâcheux qu'il puisse être; qui ne font rien avec précipitation; qui se conduisent, lors même qu'ils sont surpris, avec le sang-froid qu'ils ont ordinairement dans les actions méditées et dans les cas prévus longtemps auparavant, et qui agissent toujours dans tout ce qu'ils font avec cette promptitude qui n'est guère que le fruit de l'habileté, jointe à une longue expérience. Ainsi l'élan de celui qui est habile dans l'art des stratégies est irrésistible, et son attaque est réglée avec précision.

Le potentiel de ces sortes de mafieux est comme celui de ces grands arcs totalement bandés, tout plie sous leurs actions, tout est renversé. Tels qu'un globe qui présente une égalité parfaite entre tous les points de sa surface, ils sont également forts partout; partout leur "résistance" est la même. Dans le "fort de la mêlée" et d'un désordre apparent, ils savent garder un ordre que rien ne saurait interrompre, ils font naître la force du sein même de la faiblesse, ils font sortir le courage et la valeur du milieu de la poltronnerie et de la pusillanimité.

Mais savoir garder un ordre merveilleux au milieu même du désordre, cela ne se peut sans avoir fait auparavant de profondes réflexions sur tous les événements qui peuvent arriver. Faire naître la force du sein même de la faiblesse, cela n'appartient qu'à ceux qui ont une puissance absolue et une autorité sans bornes (par le mot de puissance il ne faut pas entendre ici domination, mais cette faculté qui fait qu'on peut réduire en acte tout ce qu'on se propose). Savoir faire sortir le courage et la valeur du milieu de la poltronnerie et de la pusillanimité, c'est être héros soi-même, c'est être plus que héros, c'est être au-dessus des plus intrépides. Un dirigeant habile recherche la victoire dans la situation et ne l'exige pas de ses subordonnés.

Quelque grand, quelque merveilleux que tout cela paraisse, j'exige cependant quelque chose de plus encore de ceux qui dirigent les membres : c'est l'art de faire mouvoir à son gré les ennemis. Ceux qui le possèdent, cet art admirable, disposent de la contenance de leurs gens et de l'organisation qu'ils dirigent, de telle sorte qu'ils font venir l'ennemi toutes les fois qu'ils le jugent à propos; ils savent faire des libéralités quand il convient, ils en font même à ceux qu'ils veulent vaincre : ils donnent à l'ennemi et l'ennemi reçoit, ils lui abandonnent et il vient prendre. Ils sont prêts à tout; ils profitent de toutes les circonstances; toujours méfiants ils font surveiller les subordonnés qu'ils emploient et, se méfiant d'eux-mêmes, ils ne négligent aucun moyen qui puisse leur être utile.

Ils regardent les hommes, contre lesquels ils doivent "combattre" dans cette guerre mafieuse, comme des pierres ou des pièces de bois qu'ils seraient chargés de faire rouler de haut en bas. La pierre et le bois n'ont aucun mouvement de leur nature; s'ils sont une fois en repos, ils n'en sortent pas d'eux-mêmes, mais ils suivent le mouvement qu'on leur imprime; s'ils sont carrés, ils s'arrêtent d'abord; s'ils sont ronds, ils roulent jusqu'à ce qu'ils trouvent une résistance plus forte que la force qui leur était imprimée. Faites en sorte que l'ennemi soit entre vos mains comme une pierre de figure ronde, que vous auriez à faire rouler d'une montagne qui aurait mille toises de haut : la force qui lui est imprimée est minime, les résultats sont énormes. C'est en cela qu'on reconnaîtra que vous avez de la puissance et de l'autorité.



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